Coup de coeur

Cause Commune, de Sophie Averty


Le site Bed permet d’arpenter la filmographie sur les Rroms  en Europe, mais aussi de s’interroger sur la façon dont cette population est accueillie en Bretagne. C’est la question au cœur de Cause Commune, de Sophie Averty, réalisatrice nantaise. Celle-ci a suivi de bout-en-bout l’arrivée fin 2009, sur la commune d’Indre, en bords de Loire, de dix-huit familles roms indésirables à Nantes.

Le film revient de façon très subtile sur la manière dont les uns et les autres se sont engagés auprès de ces familles. Un engagement protéiforme : certains sont aux fourneaux, d’autres manifestent devant la Préfecture, et d’autres, dont le Maire Jean-Luc Le Drenn négocient adroitement : ce dernier a décidé d’en finir avec la politique de la « patate chaude". Sophie Averty décide elle de filmer, et de filmer aussi l’absence et le questionnement, ce qui permet d’émailler son documentaire de jolies séquences poétiques.

Un film sur l’engagement ? un film sur les Roms? Les deux à la fois, ce qui n’est pas pour nous déplaire.



Un autre son d'Israël, de Laurent Billard


 "Le sionisme, c’est une villa dans la jungle. Et le bruit de la jungle, c’est entre autres, le son du muezzin, que je veux aimer sans avoir peur. »
 
Laurent Billard qui se confie tout en réalisant Un autre son d’Israël, dit avoir été très ému par les mots de Orly Noy, née en Iran, arrivée en Israël à l’âge de 7 ans, juive et arabe. Ici, on dit mizrahi
Orly est journaliste au magazine 972 et ne veut pas que ses enfants aient peur de l’environnement musulman.
 
Une des belles rencontres de Laurent Billard, qui s’applique depuis des années à tenter de comprendre le conflit israélo-palestinien. Et qui s’implique considérablement dans cette enquête, alignant plein de beaux portraits de femmes et d’hommes qui ont décidé de ne pas confondre anti-sionisme et anti-sémitisme… Et qui font preuve d’un immense courage.

Petit bout de l'Histoire en Nouvelle Calédonie



Depuis quelques mois, BED alimente la filmothèque de récits concernant les Kanak.
S'intéresser à un peuple, à une région du monde, c'est aussi (re)découvrir l'Histoire peu connue d'un territoire.
Et pour une fois, c'est avec une très courte fiction qu'on vous emmène dans les réalités du monde : Good bye Lucky Man, de Vincent Khalifa.

Ainsi, ce film d'une dizaine de minutes, nous propose une courte tranche de vie en Nouvelle Calédonie, en 1942, alors que les soldats américains ont fait de l'île leur base arrière pendant la guerre du Pacifique.
Dans une maison, des soldats s'apprêtent à partir au front.
En filigrane, des rapports de colons et de colonisés se dessinent, les hiérarchies des rangs et des classes sociales se déclinent et finissent par s'entremêler à l'universel des choses qui nous importent.


Ce court métrage a été produit par Tita Prod dans le cadre du projet Petites nouvelles de Calédonie . Des cinéastes des 4 coins du monde y ont raconté des histoires de là bas, en formats courts. Vous pouvez notamment découvrir sur BED Le piano, de Benjamin De Los Santos ou encore Creek Aymes, de Laurent Teyssier.

Afrique 50, de René Vautier


Puisqu’on s’apprête à parler beaucoup de colonisation sur la place du festival de Douarnenez où bed.bzh aura sa petite caravane, on regarde Afrique 50 , de René Vautier, dont on peut retrouver un portrait sur le site. Un film qui fut interdit pendant plus de 40 ans, à peu près l’âge du festival aujourd’hui…

Premier film anticolonialiste français, Afrique 50 est à l’origine une commande de la Ligue française de l’enseignement destinée à montrer aux élèves la mission éducative menée dans les colonies françaises d’Afrique de l’Ouest. Mais, sur place, le réalisateur, âgé de 21 ans seulement, décide de témoigner de la réalité : le manque de professeurs et de médecins, les crimes commis par l’armée française au nom du peuple français, l’instrumentalisation des populations colonisées… Un pamphlet essentiel.

A la recherche du gitan perdu


A la recherche du gitan perdu, c’est le voyage de Jérémie Piolat dans les couloirs des cours d’alphabétisation.

À l’heure du débat sur les identités nationales et les indésirables, quelque part en Europe, Jérémie Piolat esquisse une réponse alternative : l’identité internationale. Retour à l’école, où il faut essayer de se faire comprendre et de comprendre même en écorchant la langue ou la réinventant ; où le créole renaît. Où les douleurs rencontrent le rire ; où les cultures populaires se révèlent la meilleure arme pour s’ouvrir à la culture des autres…