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Le Festival Anako, dans la Vienne.


Il est des lieux en France où le cinéma ethnographique a encore une belle place. C'est le cas à Loudun, en Vienne, avec la 8ème édition du Festival Anako, qui se tiendra du 23 au 28 juin 2022. Des préludes, sous formes de projections avec débats, ont déjà eu lieu à Saumur, Chatellerault, Angers, Chinon... Un programme qui fait la part belle à l'ethnographie, à découvrir sur le site de la Fondation Anako .

 

Au menu, Terra libre de Gert Peter Bruch portraitise le cacique Raoni et ses combats pour l'Amazonie et le reste du monde ; Kumbh Mela, la fourmilière des Dieux de Lionel Isy-Schwart nous emmène en pélerinage avec les Hindous ; Patutiki de Christophe Cordier explore le tatouage aux Marquises. Un film classique pour revenir aux fondamentaux de la construction du racisme, Sauvages les zoos humains de Bruno Victor-Puyebet et Pascal Blanchard. The rise de Stéphanie Gillard accompagne la chevauchée annuelle des militants Sioux ; Le rêve brisé des Aborigènes est un montage d'archives de Betty et Jacques Willeminot, des années 1960. Pour les amoureux des langues, Et si Babel n'était qu'un mythe de Sandrine Loncke offre le portraait de Florian Lionnet , linguiste quia choisi de travailler sur le laàl, isolat linguistique du sud Tchad... Bien d'autres films encore, pour porter un regard singulier sur nos mondes.

 

Pépites d'Etonnants voyageurs


Le Festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo, au côté de rencontres et débats foisonnants, concocte chaque année une sélection de films, essentiellement documentaire, qui est de très belle tenue ! Nous avons un peu défriché leur sélection de 45 films et entrevu de jolies pépites, montrées entre le 4 et 6 juin 2022. Parmi eux, Akeji, le souffle du vent de Mélanie Schaan et Corentin Leconte, chronique sereine d'un couple de Japonais au sein des profondes forêts. Avant que le ciel n'apparaisse de Denis Gheerbrandt et Lina Tsrimova mêle l'histoire d'une région du Caucase colonisée, la Tcherkèssie ; le portrait lumineux du peintre Rouslan Tsrimov ; et l'épopée des Nartes, peuple mythique. Sur le versant de la pensée Caraïbes, le film Frantz Fanon, trajectoire d'un révolté de Matthieu Glissant revient sur les fondamentaux de Fanon, entre Martinique, Saint-Germain des Prés et Algérie. Un autre penseur martiniquais est à l'honneur avec Patrick Chamoiseau, ce que nous disent les gouffres de Jean-François Raynaud, Yves Campagna et Bruno Guichard. Pour les amoureux du monde inuit et des paysages arctiques, Les harmonies invisibles de Laurent et Vincent Marie nous emmène sur, mais aussi sous la banquise. Enfin, Mission E-TY de Marie Hélia nous invite à une remontée dans le temps en Bretagne, grâce aux images de la Cinémathèque de Bretagne et au talent de monteuse de Emmanuelle Pencalet. Que de beaux moments !

 

 

Films latino-américains et espagnols à Quimper et Brest


 

Si vous êtes à Brest, le 33ème Festival de cinéma espagnol et latino-américain, du 26 avril au 10 mai 2022, propose une épatante sélection de films latinos et espagnols, au Cinéma Les-Studios. Des avant-premières, des fictions et des documentaires récents, dont le Goya 2022 Qui à part nous de Jonàs Trueba, mais aussi deux films de répertoire, Juliana de Alejandro Legaspi, un film péruvien de 1989, et le merveilleux Soy Cuba, de Mikhail Kalatozov, de 1964.

Et si vous êtes à Quimper, Vamos al ciné est une semaine du cinéma espagnol et hispano-américain, qui se déroule au Katorza, du mercredi 27 avril au mardi 3 mai 2022.

En avant-première, vous pourrez découvrir Maixabel de Icíar Bollaín ; El buen patrón, de Fernando León de Aranoa ; Compétition officielle, de Mariano Cohn et Gastón Duprat ; Karnawal, de Juan Pablo Félix ; Petite fleur, de Santiago Mitre.

Les autres films de la sélection compte des films de tout le continent sud-américain : le chilien Algunas bestias de Jorge Riquelme Serrano ; l'uruguayen Employé / Patron de Manuel Nieto Zas ; le mexicain Los lobos de Samuel Kishi Leopo ; le colombien L’oubli que nous serons de Fernando Trueba ; Les sorcières d’Akelarre de l'argentin Pablo Agüero, qui se déroule au Pays basque ; Madres paralelas du madrilène Pedro Almodóvar ; Libertad de Clara Roquet.



 

Migrations : des films de Bretagne pour en débattre


Alors que la question des politiques migratoires ne cesse de noircir les pages de nos journaux, nous constatons que cette question est débattue au sein du documentaire depuis des années, en Bretagne notamment.

Quelques titres accueillis sur BED, pour en parler mieux, pour ne pas laisser la place aux seules images instrumentalisées des réseaux sociaux. Une réflexion longue, des images singulières, qu'il convient de regarder avec attention.

 

Saint Denis, n'odoa eost ebet ( rien à perdre) revient sur les premiers Bretons exilés en banlieue parisienne. C'est un film de Hervé Morzadec, qui date de 1996, et qui nous montre comment faire communauté a permis à nos grand-parents exilés en région parisienne de tenir le coup, dans des conditions très rudes.

 

Un paese di Calabria de Shu Aielo et Catherine Catela date de 2016. Il explore l'expérience positive de Riace, village calabrais qui a su accueillir des migrants depuis 1998. Das ce village vidé par une émigration forte dans les années 30, les maisons ont été retapées, l'école ré-ouverte, des emplois recréés grâce au maintien sur place de dizaines de migrants. Un espoir certain. Mais un bilan cependant nuancé aujourd'hui, avec la condamnation du Maire de Riace, Domenico Lucano, cible de politiques flirtant avec l'extrême-droite.

 

De la même maison de production, Tita, attentive aux luttes et aux questions sociales de ces dernières années, Bienvenue Mister Chang de Laëtitia Gaudin-Le Puil et Anne Jochum, tourné en 2017, se déroule dans le village morbihannais de Lanvénégen. C'est en 1982 qu'une vingtaine de réfugiés laotiens hmongs ont été accueillis dans ce bourg. Victimes de la guerre du Vietnam, ils allaient devoir refaire leur vie dans le Morbihan. Trente-cinq ans après, ils racontent leurs chemins.

 

Dès 2009, Franck Beyer s'intéresse aux questions de migrations à la frontière USA-Mexique. On lui doit des films rigoureux, qui prennent le temps d'enquêter, comme Ceux d'en face, tourné à la frontière Tijuana San Diego. La maison de production rennaise de Franck Beyer, Les Films de l'autre côté, rassemble depuis longtemps d'autres films sur cette question, tel Almanci entre deux rives, film d'Emmanuel Piton tourné en 2011, qui donne la parole à la communauté turque, en Pays d'Auray.

 

Kurdistan, huñvreal an nevez-amzer, Kurdistan, rêve de printemps, est tourné par Mikael Baudu en 2015, au Kurdistan de Turquie puis dans l'enclave du Rojava, une région de Syrie où des Kurdes tentent une expérience alternative, pour une existence plus démocratique. Concernés par le sort de trois jeunes Kurdes qu'ils ont rencontré, Mikael Baudu et Arno Vannier continuent de les suivre, avec Open the border, tourné en 2017.

 

Des films toujours empreints d'une grande humanité, porteurs de leçons humbles et réalistes.

Encore plus de films à retrouver , soit en passant par le filtre thématique , Migrations, soit en passant par l'entrée géographique Migrations, dans le volet Peuples. Une double entrée, pour deux fois plus d'arguments pour accueillir dignement les étrangers, d'où qu'ils viennent.

 

 

 

Femmes dans la guerre d'Algérie


La Cinémathèque de Bretagne invite le réalisateur François Gauducheau, dont on trouve le portrait sur BED, et la réalisatrice Samira Houari-Laplatte ce dimanche 10 avril, 15H, au Centre social Bellevue de Brest. Leur film L'affaire de ma vie, des femmes dans la guerre d'Algérie propose un regard sur des femmes engagées, qui ont joué leur partition en Algérie, dans cette guerre.

Parmi elles, Nelly Forget, amie et collaboratrice de Germaine Tillion. Cette dernière avait créé le Service des Centres Sociaux pour tenter d'éradiquer la misère alors très importante. Nelly, très jeune, va y travailler.

Au cours d'un voyage en 2018, François Gauducheau et Samira Houari-Laplatte ont suivi Nelly qui retrouve les lieux où elle a vécu et travaillé, mais surtout qui renoue, après des années de séparation, avec plusieurs de ses amies de l’époque. Ces femmes, françaises ou algériennes, payèrent le prix fort de leur engagement pendant ces années de guerre, pour plus de justice et de liberté. François Gauducheau a également réalisé Les images oubliées de Germaine Tillion ( extrait)